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29, rue de Charenton

Par M. :: 08/03/2008 à 23:34 :: Petites Choses en general et en particulier
free music

NB : le texte de Fersen est un régal... Pour ceux qui ont envie d'entendre une autre histoire...

 

C'est au numéro 29 de la rue de Charenton.

Dans la cour intérieure, la première entrée à gauche. Les escaliers, jusqu'au 5 étage. Haut, oui. Epuisant. La porte de gauche.
Attention à la valise, en rentrant, le couloir est étroit. Je l'ai préparée hier, pour être sûre de ne rien oublier.
De suite, à droite, la salle de bain. Elle est tout en bois, c'est joli. Les sols, les murs, l'encadrement de la baignoire. Hier soir, on a pris un bain, c'est drôle de se dire que c'était notre dernier ici.
Je suis là, face à la fenêtre, derrière le bar. Je fais la vaisselle, en attendant le café. Continue, un peu plus loin, sur la table, il y a le bouquin et les CDs que j'ai prévu pour le voyage : Trois chevaux, d'Erri de Luca (il vient de me l'offrir), le dernier Radiohead, hail to the thief (dire que le concert, c'était y'a même pas 3 semaines), le Triplex de Thomas Fersen et l'Ernest Ranglin qu'il m'a gravé. Mes lunettes de soleil, pour pouvoir pleurer discrètement en regardant à travers le hublot.
Il faut que je pense à récupérer le soutien gorge que j'ai laissé sur la mezzanine. Quoique...je devrais peut-être le laisser...

J'enfile un jean, un débardeur, mes gazelles, et me sers une tasse de café. Il est 10h, j'ai encore le temps.
Je le broies bois le noir en fumant une cigarette, les pieds sur le rebord de la fenêtre, comme j'ai aimé le faire pendant ces deux mois. J'entends les bruits de la rue qui m'ont empêchée de dormir toutes ces nuits, et je réalise soudain qu'ils vont me manquer. S'ils étaient les seuls...

Je mets toutes mes affaires qui trainent encore dans mon sac, mes clopes, mon portable, je vérifie 3 fois que j'ai bien mon billet, ma carte d'identité, ma carte orange... Tout est bon. Let's go...

Un dernier coup d'oeil à l'appartement, à la fenêtre, ma meilleure amie de l'été, à mes souvenirs... Pourquoi je pars, au fait ? Je devrais peut-être rester... Je devrais peut-être...


Je ferme la porte à clé, descends les 5 étages en manquant de me tuer 3 fois, remets les clés au concierge il passera les récupérer entre 18h30 et 19h, j'ouvre la grande porte du N° 29... Ciao, cours intérieure de nos apéros d'été...
Je remonte la rue de Charenton jusqu'à la station Dugommier. A Denfer, je changerai pour le RER B, puis l'Orlyval. Ciao rue de Charenton, Monoprix et tabac de nuit, ciao quartier de mon été...



C'était la fin de mon été parisien. Mon premier été Benoît.
J'avais vraiment appris à aimer cette vie là. Malgré des débuts difficiles et douloureux, j'avais fini par adopter Paris, son rythme, ses gens, et je crois que Paris m'avait adoptée aussi. Elle a su taire mes crises, de larmes et de nerfs, aussi violentes furent-elles, et elle a porté mes sourires, mes yeux grands ouverts, émerveillés si souvent parce que putain qu'elle est belle ! J'avais tant de temps pour la parcourir, à pieds ou en décapotable (j'avais de bonnes relations), arpenter ses rues, traverser ses places, ne pas entrer dans ses églises et manger ses glaces.


30 juin 2003, 01h34
La rumeur de la ville ne semble pas perturber son sommeil. Il dort, tranquille, allongé sur le côté. Il dort sans savoir le temps que je passe à le regarder. Sur des notes de violoncelles.
Il est beau quand il dort. Autant que quand il ne dort pas.
Il est beau quand il dort et moi j'écris dans la pénombre... Quelle idiote !
J'ai beaucoup écrit, à Paris. Dans le carnet offert par Magali.
J'ai fumé le cigare aussi, un soir. Et j'ai bu mon premier Château Margaux.


C'était après Banon et avant Avignon. Entre le début et la fin.
C'était Paris, c'était l'été, et c'était bien.





 

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Commentaires

Le 09/03/2008 à 12:05, par Fiso
C'est quand que tu reviens ?
;)
Le 09/03/2008 à 17:51, par Sandra
en tous cas c'est magnifiquement bien écrit
Le 09/03/2008 à 20:46, par Faits Divers
Ah ... Paris...
Paris, Paris, Paris... Nous ensorcelle...
Le 09/03/2008 à 22:10, par M.
@ Fiso : qui sait... ?

@ Sandra : merci... C'est drôlement gentil, dis...
Merci de ta visite, à bientôt j'espère.

@ la Fée : "Paris tu m'as laissée, sur ton pavé..."
Le 09/03/2008 à 22:33, par Faits Divers
Je traîne dans tes métros
Tes trottoirs m'aiment un peu trop
Je rêve dans tes bistrots


Mais avec Souad Massi
Le 09/03/2008 à 23:16, par M.
Bien sûr avec Souad Massi

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